L'urgence
Le chômage des jeunes au Sénégal est une défaillance du système, pas seulement un déficit de compétences.
Plus de 40 % des jeunes sont NEET, déconnectés de tout parcours d’opportunité. Les causes profondes sont structurelles.
40.3%
NEET — ni en emploi, ni en études, ni en formation
Ce chiffre alarmant signifie que deux jeunes sur cinq sont aujourd’hui inactifs, coupés de tout parcours de progression.
Ce phénomène touche de façon disproportionnée les jeunes femmes, creusant un écart de genre qui prive le pays d’une immense réserve de talents et d’intelligence.
Quatre causes structurelles
Inadéquation entre l’éducation et les besoins du marché du travail
Décalage systémique, offre et demandeNotre système éducatif continue de produire en masse des diplômés dans des filières généralistes, alors que le marché du travail exige des compétences techniques avancées dans l’économie numérique, l’agro-industrie et les énergies renouvelables. Cet écart nourrit une profonde frustration chez des diplômés sans perspective d’emploi.
Accès limité au financement, en particulier pour les femmes
3.5% des femmes ont accès au crédit bancaire formelEn entrepreneuriat, le parcours d’obstacles est la norme. Seules 3,5 % des femmes ont accès au crédit bancaire formel. Le secteur informel, bien que résilient, reste une économie de survie incapable de passer à l’échelle faute d’un accompagnement technique et financier adéquat.
Transitions école-emploi fragiles
Barrières structurellesL’étape critique entre la fin de la formation et le premier emploi n’est pas sécurisée — sans passerelles professionnelles, mentorat ni stages de qualité, des jeunes qualifiés restent bloqués au seuil du marché du travail.
Programmes publics et de bailleurs fragmentés
L’« effet silo »Trop de programmes, publics ou financés par des bailleurs, fonctionnent en isolement. Cette fragmentation entraîne des doublons coûteux, des contradictions stratégiques et, au final, un impact dilué qui ne transforme pas la structure du marché du travail.
